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Blanche Neige, c'est comme un retour au récit pour Angelin Preljocaj qui, après une série de pièces abstraites, se tourne aujourd'hui vers le conte, pour, selon ses mots, "réenchanter
sa danse". Le projet ? Rester au plus près du récit des Frères Grimm : miroir conseiller, pomme empoisonnée, chasseurs touchés par la grâce, courses en forêt, cercueil de verre transparent et arrivée d'un prince... jusqu'au terme d'une histoire qui s'achève. Choisir d'appuyer la danse sur un conte n'est pas innocent.
C'est d'une part, bien sûr, s'inscrire dans une tradition du ballet classique qui a pu adapter La Belle au bois dormant, Cendrillon... ; c'est aussi vouloir jouer avec la magie de la machinerie théâtrale pour une féerie de décors ; mais c'est surtout engager son écriture vers une épure. Car les Frères Grimm l'avaient bien compris, le danger serait de faire de la littérature. Pour rester intemporel, le conte doit passer par une langue précise, dépouillée, sans effet de style.
Un seul mot d'ordre : surtout ne pas être daté. Aussi, Angelin Preljocaj déborde-t-il les bases du romantisme des Frères Grimm du côté de la musique post-romantique des symphonies de Gustav Mahler. Sur le plateau, les 26 danseurs de la compagnie, costumés par Jean-Paul Gaultier, sont embarqués dans une nouvelle comédie-ballet pour une danse qui s'enchante devant un miroir, "mon beau miroir".